Séné Territoire Engagé pour la Nature
Le 22 janvier 2024, Séné a été déclarée lauréate du dispositif « Territoire engagé pour la Nature 2023-2026 » (TEN), programme porté par l’Office Français de la Biodiversité pour valoriser des projets de territoires en faveur de leur patrimoine naturel.
Si Séné a obtenu ce label, c’est d’une part grâce aux actions menées de longue date avec la Réserve Naturelle des Marais de Séné, le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan, ou encore pour l’accompagnement d’une agriculture durable sur le territoire, et d’autre part parce que l’équipe municipale souhaite accentuer encore ces efforts de préservation de la biodiversité.
Le réseau TEN regroupe une trentaine de collectivités dans toute la Bretagne, qui s’inspirent les unes et les autres avec des projets innovants, et sont accompagnées à la fois dans leur mise en œuvre et dans leur recherche de financements par l’Agence Bretonne de la Biodiversité (ABB).
Concrètement la commune de Séné a inscrit trois actions à réaliser d’ici la fin du mandat, en 2026 :
- Elaborer un diagnostic écologique des habitats naturels de Séné ;
- Mettre en place une stratégie de protection des insectes pollinisateurs ;
- Procéder à une gestion durable des plages sinagotes.
Le choix s’est porté sur ces actions en particulier, afin de lutter contre l’érosion de la biodiversité dans tous les espaces naturels de la commune, et en priorité sur les espaces en gestion communale.
Le diagnostic des habitats naturels doit permettre à la fois de définir d’autres actions pertinentes pour les années futures, mais aussi pour les équipes municipales d’opérer des changements pertinents dans leurs pratiques de gestion des espaces naturels.


Agir pour les pollinisateurs dès 2024
Afin de faire face au déclin des pollinisateurs, la Ville a lancé dès 2024 le projet Pollini’Séné : il comprend plusieurs actions visant à favoriser leur présence dans les espaces verts communaux, mais aussi des outils permettant aux habitants de mieux les connaître et de mieux les accueillir sur leurs terrains.
Pour la mise en œuvre de ce projet, Séné bénéficie du Fonds vert (financement de l’État).
Les habitants invités à prendre part au projet
Au fil des mois, la population pourra observer de nouveaux aménagements paysagers dans les espaces verts communaux et sera interpellée par des panneaux pédagogiques. Des animations nature grand public seront proposées, ainsi que des interventions auprès des écoles.
Une charte pollinisateurs permettra également aux habitants, syndicats de copropriété ou entreprises qui le souhaitent de s’impliquer dans la démarche en gérant leurs espaces verts et jardins de façon à favoriser les pollinisateurs. La municipalité leur remettra en échange des mélanges de graines de fleurs de type “végétal local”, des conseils pratiques, et un petit panonceau de l’opération.
+ d’infos sur le projet Pollini’Séné
Pourquoi protéger les pollinisateurs est primordial ?
90% des espèces de plantes à fleurs dans le monde (IPBES, 2016) sont pollinisées par les insectes, et 84 % des espèces végétales cultivées en Europe dépendent directement d’eux également (Eilers et al., 2011). Des écosystèmes entiers sont donc en jeu, et notre sécurité alimentaire en dépend.
Les objectifs du projet sont multiples :
- Favoriser les pollinisateurs dans les espaces verts et créer des connexions entre milieux naturels et espaces urbains ;
- Valoriser le travail des agents d’entretien des espaces verts, en les rendant garants de la biodiversité des sites concernés ;
- Faire connaître les pollinisateurs et impliquer dans leur préservation habitants, entreprises et administrations disposant de foncier (espaces verts, jardins).
Mais au fait, qui sont-ils ?
Le nombre d’espèces de pollinisateurs est estimé à 10 000 en France Métropolitaine (Plan National d’Actions « France terre de pollinisateurs), dont environ 900 espèces d’abeilles sauvages et 500 espèces de syrphes.
Les pollinisateurs sont à la base de nombreuses chaînes alimentaires (notamment des oiseaux), contribuent à recycler les matières organiques du sol et permettent le brassage génétique des espèces de plantes à fleurs, indispensable à leur maintien.
Cependant, comme bon nombre d’espèces vivantes, les pollinisateurs font face à un déclin généralisé. En Europe, 9% des espèces d’abeilles et de papillons sont menacées et les populations diminuent de 37 % chez les abeilles (IPBES, 2016).
Abeille domestique ou abeille sauvage ?

Lorsqu’on parle d’insectes pollinisateurs, la première pensée va bien souvent à l’abeille domestique dite « abeille à miel » (Apis mellifera).
Or, il ne s’agit que d’une seule espèce d’abeille parmi les 1000 espèces présentes en France Métropolitaine !
Les autres sont bien moins connues, car plus discrètes et ne produisant pas de miel en ruche comme l’abeille domestique. Elles jouent pourtant un rôle extrêmement important dans les milieux naturels : si l’abeille domestique est opportuniste, les abeilles sauvages sont généralement spécialisées, c’est-à-dire particulièrement adaptées à la pollinisation de certaines espèces floristiques.
Il existe également d’autres insectes pollinisateurs qui ne sont pas des abeilles : mouches, papillons, cétoines…
Photo : ©Aurélia Lachaud
Plan de gestion simplifié des plages
La gestion des plages désigne principalement la gestion de la laisse de mer, ces dépôts naturels parfois importants qui peuvent importuner les usagers et riverains des plages. Dans de nombreuses communes littorales, il a donc été pris pour habitude de faire intervenir des engins pour enlever la laisse de mer à la belle saison. Néanmoins, cette pratique est aujourd’hui remise en question, car elle fragilise tout un écosystème.
Qu’est-ce que la laisse de mer ?
Cette formation naturelle longiligne est faite de débris déposés par la mer sur les plages, notamment lors des marées. Composée de végétaux marins (algues, herbiers, bois flotté), mais aussi de restes d’animaux marins tels que des coquillages, des os de seiches ou encore des œufs de poissons et d’invertébrés, la laisse de mer peut parfois représenter des dépôts importants et importuner habitants et visiteurs, notamment en saison estivale où la plage est davantage fréquentée. Les désagréments peuvent être d’ordre visuel, olfactif (en cas de fortes chaleurs notamment) ou bien tout simplement réduire la surface sablée sur laquelle les plagistes aiment s’installer.
Pourquoi est-il important de conserver la laisse de mer ?
La laisse de mer est un habitat d’intérêt communautaire (au titre de la directive Habitats Natura 2000) et un habitat essentiel à l’équilibre du littoral. Elle constitue un milieu instable mais qui sert de refuge temporaire ou de ressource alimentaire pour certaines espèces. De plus, la laisse de mer favorise le développement de la végétation en haut de plage par des apports de matières organiques et agit comme une barrière physique qui atténue l’érosion.
Le cas de Séné
Dans le cadre du label “Territoire engagé pour la nature”, et avec l’accompagnement du Parc naturel régional, la commune a mené des essais concluants en matière de ramassage des laisses de mer à l’été 2024. Elle a donc adopté un plan de gestion simplifiée de ses plages, prenant en compte les enjeux connus des différents sites afin d’adapter le type d’intervention.
Par exemple, des zones davantage sensibles à l’érosion, ou bien des sites de nidification de l’hirondelle de rivage (espèce protégée) ont pu être repérés. Les périodes et méthodes d’intervention ont donc été adaptées selon :
– Les enjeux de biodiversité présents (ex : pas d’intervention pendant la période de nidification des hirondelles de rivage)
– L’anthropisation du linéaire de plage (autrement dit la modification du milieu naturel pour les activités humaines : endiguement, enrochement, cale de mise à l’eau…), souvent peu propice au développement de la végétation en haut de plage
– La fréquentation des plages, surtout en période estivale


